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Affichage des articles dont le libellé est proposition de valeur. Afficher tous les articles
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5 avr. 2012

Veille Internet : rendre cela rentable pour votre PME ou startup

Comment rentabiliser sa veille?
Toute entreprise qui souhaite garder un avantage concurrentiel est désormais obligée de mettre en place une veille. Il peut s’agir d’une veille concurrentielle, d’une veille technologique, d’une veille “e-réputationnelle”, veille commerciale ou d’une veille informationnelle encore plus large pour capter les signaux faibles et les tendances…
La veille est fondamentale pour pérenniser son activité à moyens et longs termes!
Le problème c’est que faire de la veille nécessite du temps et ce temps c’est de l’argent…


le temps s'est de l'argent


Or en période de crise ce qui ne génère pas un retour sur investissement (ROI) immédiat est bien souvent banni du budget ! Le présent article a donc pour but de vous montrer comment mieux rentabiliser votre travail de veille y compris à court termes. 
Pour rentabiliser il n’y a pas de secrets on peut soit baisser les coûts soit augmenter les revenus, nous verrons comment gagner sur les deux tableaux!

  • Réduire les coûts de sa veille

Le principal coût de la veille (mis à part l’investissement dans des outils spécialisés) c’est le temps qu’on y consacre!
Voici donc comment gagner du temps et donc de l’argent sans perdre en qualité bien au contraire!

1) Adoptez un lecteur de Flux RSS pour centraliser votre veille!

Tout d’abord peut-être êtes vous de l’ancienne école qui utilise encore l’abonnement à des newsletters pour rester informé de l’actualité de votre secteur? S’il s’agit de newsletter au contenu unique non publié sur un site ou un blog soit… le cas échéant c’est une erreur !
Pire si à chaque fois que vous voulez lire l’article de votre blogueur préférez vous vous rendez sur son blog pour voir s’il a publié quelque chose vous êtes sous productif! Vous devez IMPERATIVEMENT adopter un lecteur de flux RSS, c’est la clé de voute d’une veille sur RSS !
- “Un quoi?”
- “Un serial killer un lecteur de flux RSS !”

Un lecteur  de Flux RSS est un peut comme une boite email. C’est un service en ligne permettant de recevoir du contenu auquel vous vous êtes abonné. Simplement, au lieu de vous abonner par email vous vous abonner par une technologie qu’on appelle flux RSS et qui est faite pour ça (entre autre mais c’est une autre histoire) !




Les sites et blog dotés de cette technologie le signalent avec une icone la plupart du temps orange et avec 3 petits traits mais on voit également beaucoup de fantaisie par exemple :



exemples d’icônes flux rss



Les deux lecteurs de flux RSS les plus connus sont Netvibes et Google Reader. Les deux ont leurs avantages : le premier fonctionne comme un tableau de bord avec une organisation de vos flux par onglets découpés en box que vous organisez par glisser-déposer tandis que le second est plus austère et fonctionne par dossiers et sous dossiers. 
 
En fait c’est à vous de tester celui qui vous convient le mieux mais sachez qu’à la longue Google Reader s’avère plus puissant (même si le rachat de Netvibes devrait lui permettre de compléter encore ses fonctionnalités) et surtout plus facilement connectable avec d’autres outils que je vous présenterais ensuite.
Bref vous avez désormais compris qu’il vous le faut ce lecteur de flux! Vous n’avez qu’à foncer sur netvibes.com ou sur www.google.com/reader et vous créer un compte c’est gratuit!

Désormais il va falloir vous rendre sur chacun des sites et blogs que vous avez l’habitude de lire et les ajouter à votre lecteur de flux RSS (ps : le mien est ici : http://feeds.feedburner.com/blogspot/ateb ).

Cela peut être un peu long la première fois mais ensuite cela doit être un réflexe de navigation sur Internet, quand vous identifiez une source intéressante ajoutez là dans votre flux de façon bien classé.
Mais l'effort en vaut la peine : désormais plutôt qu’à devoir pacourir 120 sites (voire plus) quotidiennement pour savoir s’ils ont publié une actu vous n’aurez plus qu’à vous connecter à votre lecteur de flux RSS! Et là vous aurez envie de me dire merci en likant ma page Facebook et en me suivant sur Twitter!

Cependant rapidement vous allez vous dire mais il est fout c’est moche et fatiguant de lire dans un lecteur de flux ! Un peu de patience, j’arrive…

2) Utilisez une application de lecture de Flux RSS sur Mobile et Tablette

Vous avez vos 120 sites qui publient chaque jour 3 articles dans votre lecteur de Flux RSS et vous ne vous en sortez plus! Je ne peux pas tout lire, vous m’aviez promis de gagner du temps résultat je suis plus mal qu’avant! Attends Nadine j’ai la solution, je vous prépare le deuxième effet kisscool!

Le lecteur de Flux n’a certes pas une interface très sexy mais il a l’avantage de centraliser en un lieu unique toute (la majorité) de vos sources! De plus si vous avez choisi google reader vous allez pouvoir réexploiter l’ensemble de ces flux dans des applications spécialement conçues pour lire (ou feuilleter) sur smartphone ou tablette!

La meilleure application de ce type est à ma connaissance Flipboard qui est disponible sur Iphone et Ipad et bientôt sur Android. Si vous êtes sous Android vous pouvez utiliser Pulse qui est très bien également!
Bref vous allez sur l’appstore ou l’android market / Google play  et vous téléchargez cette application.

Vous ajoutez aux sources votre compte google reader et là vous allez embrasser votre terminal tellement c’est beau ! Voilà votre vilain petit canard de flux RSS de Google Reader transformer en un cygne flamboyant : tous les articles sont présentés sous la forme d’un magazine à feuilleter de façon très ergonomique!




Vous allez pouvoir en 30 minutes par jour balayer l’ensemble de vos sources en buvant le café, en prenant le bus, en vous lavant les dents!

“Oui mais moi j’ai pas le temps de lire en détail ces articles sauf quand je suis dans le train et y’a pas de connexion!” … Ah Nadine tu cumules! 

Mais là encore j’ai la solution pour toi : il y a une application pour ça ! Il te suffit de te créer un compte sur http://readitlaterlist.com/ et de l’ajouter en source de Flipboard ou de Pulse! Quand tu repères un article intéressant lors de ton balayage et que tu souhaites le reprendre à tête reposée hors connexion il te suffit de cliquer sur Read it Later et celui-ci sera enregistré pour pouvoir le consulter hors ligne!

Voilà donc le combo de la mort pour une veille beaucoup plus rapide et donc beaucoup moins chère donc plus rentable (cqfd) :


veiller plus vite pour gagner plus : rentabilité assurée



J’entends déjà les gens qui râle (non pas toi Nadine) et qui disent “mais la veille c’est surtout ce qu’on dit de moi sur les réseaux sociaux”… à cela je dis que la plupart des outils d’alertes proposent l’option recevoir par RSS. Seul certains alertes critiques doivent selon moi être en push pour justement être réactif en étant moins polluer par d’autres infos moins chaudes. Et puis bien sûr Flipboard vous permet de consulter vos comptes sur les réseaux sociaux!

Enfin d’autres diront “mais le site que je veux suivre ne propose pas de flux RSS !” Et bien sachez que des services vous propose de créez un flux RSS à partir d’une URL qui ne propose pas de flux… Allez je vous laisse chercher un peu sur google il y en a plusieurs.

Bon Ok je perds moins d’argent en allant plus vite dans ma veille mais comment j’en gagne?

  • Transformer votre veille en centre de profits

Pour être visible sur internet deux solutions : soit vous achetez de la publicité, soit vous créez du contenu qui sera indexé par les moteurs et/ou partagé sur les médias sociaux et seront donc consultés par les internautes!

Or, bien souvent quand je forme des community managers en internes ils me disent c’est bien beau ton truc mais je ne sais pas quoi écrire moi sur le blog de l’entreprise ou la rubrique actualité, je ne sais pas quoi partagé sur la Fan Page ou le compte twitter de la boite! Je n’ai pas ta plume, ton don, ton talent (j’en rajoute pour me faire mousser un peu ^^)…

Et ben je n’ai pas de talent pour trouver quoi écrire il faut avoir de l’info à partager or, pour avoir de l’info à partager il faut faire de la veille! Et? et ben désormais vous savez faire de la veille comme des pros! De plus il n’est pas nécessaire obligatoirement de faire un article par jour ! Un tout les 15 jours pour beaucoup de PME est déjà un pas énorme! Mieux vaut du qualitatif que du quantitatif quelque fois!

Si vous exploitez bien votre veille vous allez pouvoir créer du  contenu et générer de la visibilité pour votre entreprise. Tous ces visiteurs uniques générés par référencement naturel (seo) ou via les médias sociaux (smo) a une vraie valeur puisque sinon vous auriez du acheter ce trafic par de la publicité!


Parmi les 360 articles que vous avez balayez chaque matin peut-être 20 auront retenus votre attention particulièrement :

- 10 parmi eux pourraient intéresser vos lecteurs mais qui sont trop éloignés de votre coeur d’activité pour s'intégrer à votre ligne éditoriale et être repris sur votre blog d’entreprise et bien cela pourquoi ne pas les relayer sur Twitter ? En un clic vous pouvez le faire depuis Flipboard ou Pulse.

- 3 autres seront particulièrement intéressant à exploiter en interne et vous ne voudrez surtout pas les partager (petits malins ! ^^ )

- 2 autres seront très riches et pourraient constituer des sources pour écrire un article (votre article tous les 15 jours) dans lequel vous pourrez amener une valeur ajoutée.

- 5 autres sont très intéressants , vous auriez aimez en être l’auteur, vous n’avez rien à dire de plus qui ait une vraie valeur ajoutée? ou simplement vous n’avez pas le temps de traiter ces sujets , que faire?

Et bien un service lancé par une startup française CocoricOOOO, semblent fait pour répondre à ce vrai besoin des PMEs ! Il s’agit de http://mediaheroes.com/ 
Le concept est simple vous permettre de rédiger des articles plus brefs pour votre blog qui sont en fait des commentaires d’une actu que vous avez lu ailleurs et que vous ne voulez/pouvez pas approfondir dans un article dédié (votre article de tous les 15 jours) mais qui vous semble suffisamment pertinent pour figurer sur votre blog d’entreprise.

L’interface permet de faire cela très rapidement tout en permettant à ces posts bien qu'étant brefs, d’êtres optimisés pour le référencement en évitant de tomber dans du duplicate content!

Une fois publié sur votre blog d’entreprise vous pouvez relayer ces posts (ou l'outil le fait automatiquement) sur les Médias Sociaux notamment twitter plutôt que simplement partager la source originale. Ce faisant, vous faites gagner en visibilité votre blog d’entreprise et donc vous rentabilisez votre veille (CQFD) !




Cette solution qui est un intermédiaire entre l’article traditionnel de blog et le tweet se positionne un peu en concurrence de services comme posterous ou tumblr mais on l’avantage que le contenu soit hébergé directement sur votre blog et donc que vous capitalisiez pleinement de la valeur de ce contenu et des liens y faisant référence (ce qui est très important pour le référencement dans une logique SEO).

Actuellement en phase de lancement je pense que cette startup a une proposition de valeur intéressante.
J’espère que ces éléments vous permettront de mieux démontrer à votre employeur la valeur de votre travail de veille ou simplement à vous chefs d’entreprises d'être plus performants ?



3 oct. 2010

Le client c'est pas important !

Le client, est-ce vraiment si important ?
Quand on entreprend, on a généralement une seule préoccupation : le client ! Comment satisfaire mon client ou mes clients?  Voire “comment satisfaire mes hypothétiques” clients ? lorsque le projet n’est encore qu’à l’étape du papier et que vous potassez sur la proposition de valeur (NB : la proposition de  valeur est une composante clé dans ma définition d'un business model ) que vous allez leur adresser. 

Avant de pouvoir savoir quelle proposition adresser à votre client, vous avez donc du identifier ou choisir qui seraient vos clients, voire votre client type ! Mais si, vous savez bien : votre coeur de cible ! Celui qui n’attendait que la sortie de votre produit pour se ruer sur lui ! Le lead User! 





Bon et bien lui, lâchez le 5 minutes ! Arrêtez de ne penser qu’à ses besoins ou ses attentes ! Bien entendu il est important ! D’ailleurs, vos concurrents existants ou potentiels le savent aussi…
Ok, mais pour penser à qui me direz vous? Et bien voilà où je voulais en venir, n’oubliez pas de penser à vos “non clients” !
“Mes non clients” ? Pourquoi pensez à eux, ils ne vont rien m’acheter ! Évidemment si vous partez comme ça, votre prophétie sera certainement auto réalisatrice ! 
Mais réfléchissez : pourquoi cette catégorie de personnes n’est pas considérée jusqu’ici comme client potentiel? Ou bien comme marginale, comme non constituante du coeur de cible?
Vos prédécesseurs, vos concurrents n’auraient-ils pas eux même poser ce postulat au moment de définir leur offre, négligeant ainsi les revendications ou les attentes implicites de cette population, les empêchant de fait de devenir eux aussi des clients potentiels ? Ne seriez vous pas de reproduire un peu vite les conclusions de vos concurrents, vous préparant ainsi à vous adresser à une population de clients potentiels similaires et donc à vous exposer inexorablement à une concurrence frontale ayant pour seul objectif la conquête de parts sur ce marché cloisonné?

Réfléchissez, ne pouvez vous pas créer une proposition de valeur originale qui pourrait subitement intéresser des personnes jusqu’ici “non clients” vous ouvrant un espace concurrentiel vierge ou Océan Bleu pour reprendre la terminologie de Kim et Mauborgne?

Mué, c’est bien beau… mais concrètement ?

Et bien, prenons l’exemple du marché de la console de Salon 3e génération. A l’époque le coeur de cible ou le client type, voire le lead user est considéré par les constructeurs de consoles comme étant “le hardcore gamer”. Aussi, les critères constitutifs de la proposition de valeur d’une console sur lesquels se focalise les constructeurs sont : la puissance de processeur et la puissance de la carte graphique… Sony lance la PS3 et Microsoft la Xbox360…

De son côté Nintendo, un peu  mal en point à l’époque a des stocks de composants d’anciennes générations liés à la mévente de la gamecube..
Aussi, un peu le dos au mur, ils savent que cela ne comblera pas le hardcore gamer, Nintendo commence à réfléchir à ses non clients ! Si on proposait une console pour les gens qui ne jouent pas ou peu aux jeux vidéos : les filles, les gens qui préfèrent jouer en société que s’isoler, les sportifs, les personnes âgées, les plus jeunes… 

D’un seul coup les critères constitutifs de la bonne proposition de valeur à adresser à cette population évolue… Ces gens considérés par les autres constructeurs focalisés sur leur clients types comme des non clients constituent un espace concurrentiel vierge à qui en fera son coeur de cible !
La suite vous la connaissez…
Là où Sony et Microsoft vendent pendant des années leur console a  prix coutant, Nintendo vend une wii beaucoup moins cher sur laquelle elle marge significativement…

Alors bien sûr, il s’agit ici d’un cas d’école… peut-être n’arriverez vous pas à dénicher une telle niche oubliée! Mais s’il vous plaît, si vous entreprenez ne reproduisez pas trop vite les schémas de vos concurrents ou prédécesseurs au moment de définir votre proposition de valeur.. n’oubliez pas les “non clients” !
Et vous, vous croyez en l'intérêt des non clients ?

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6 janv. 2010

Entrepreneurs sachez déléguer et sous-traiter

Il est difficile de déléguer ou de sous-traiter lorsqu'on est entrepreneur.

Quand on lance une entreprise cela demande beaucoup d’investissements, financiers quelquefois, mais surtout en termes d’implication : du temps et énormément d'énergie ! Aussi rien de plus normal que votre projet vous tienne à cœur, c’est VOTRE bébé !

Il est alors facile de tomber dans un travers courant chez l’entrepreneur : vouloir tout faire soit même que ce soit en interne, en rechignant à déléguer du travail à ses collaborateurs ou vis à vis d’entreprises extérieures voulant créer toutes les briques de sa proposition de valeur plutôt que faire appel à des ressources externes…

L’entrepreneur étant un modèle d’Homo Economicus des plus calculateur =) je vais donc essayer de vous démontrer dans le présent billet pourquoi il est rationnel de ne pas tout faire soi même !

Ma réflexion sera basée sur une interprétation libre de la théorie des avantages comparatifs (initialement appliquée au commerce international).


Base Théorique : des avantages absolus aux avantages comparatifs



  • La Théorie des avantages absolus

Adam Smith dans un livre intitulé “Richesse des Nations” démontre les vertus du libre échange face au protectionnisme en partant du postulat que chaque pays possède au moins un bien où il est plus compétitif qu’un autre (son coût de production est moins important, sa productivité horaire est plus élevée) et qu’alors tous deux ont intérêt à se spécialiser dans la production du bien où ils ont respectivement un avantage absolu puis à réaliser des échanges entre eux.

Par exemple si la la France a une une productivité de 12 unités de fromages ou 6 unités de machines outils par jour et par homme et que l’Allemagne peut respectivement produire 6 unités de fromages ou 12 unités de machines outils.

En l’absence d’échange on a la situation suivante (en partant de l’hypothèse que ne spécialisant pas on réparti équitablement le temps de travail entre les 2 productions)


Allemagne France

Monde

Fromages Produits 3 6 9
Machines Outils Produites 6 3 9

Total

9

9

18

Maintenant si les 2 pays se spécialisent où ils ont un avantage absolu :


Allemagne France

Monde

Fromages Produits 0 12 12
Machines Outils Produites 12 0 12

Total

12

12

24

On arrive alors à une situation mondiale plus favorable grâce à la spécialisation !

Mais quand est-il si un pays n’a pas d’avantage absolu avec un second pays ? Et bien c’est là qu’arrive la théorie des avantages comparatifs.

  • Théorie des avantages comparatifs:

Imaginons que le Portugal souhaite échanger avec l’Allemagne mais que le Portugal sache produire uniquement 5 unités de machines outils ou 9 unités fromages par jour et par homme.
Tant pis pour eux penserez vous peut-être? (bande capitaliste et encore peu éclairés)…

Et bien détromper vous, la théorie des avantages comparatifs démontrent de façon contre intuitive que les deux pays ont tout de même "intérêt" à se spécialiser et à échanger là où ils sont respectivement les plus compétitifs !

En l’absence d’échange on a :


Allemagne

Portugal

Monde

Fromages Produits

3

2.5

5.5

Machines Outils Produites

6

4.5

10.5

Total 9 5 16

En cas de spécialisation on obtient par contre :


Allemagne

Portugal

Monde

Fromages Produits

0

5

9

Machines Outils Produites

12

0

12

Total 6 5 17

Ainsi, alors même que l’Allemagne possède une productivité supérieure au Portugal dans la production de formage ET de machines outils, chacun aura intérêt à se spécialiser dans la production de bien où il est comparativement plus productif puis à échanger entre eux car la richesse totale produite est supérieure !

Mais je vois des fronts qui se plissent et j'entends déjà certains marmonner “quel lien avec le sujet de départ ? L’entrepreneur n’est pas un pays ? Et puis d’abord je ne lance pas une startup dans le domaine du Fromage et je déteste le Portugal depuis que Cristiano a eu le Ballon d’or…”
J’y viens un peu de patience !


L’avantage comparatif appliqué aux startups :



Comme je l’ai dit en introduction, il y a deux niveau d’interprétation possible et donc 2 leçons à retenir :

  • Sachez déléguer des tâches à vos collaborateurs même s’ils sont moins compétents pour le faire que vous dans l’absolu !

Admettons que vous êtes ingénieur informaticien d’une école prestigieuse, et que vous avez compléter votre formation avec un an dans une grande école de commerce.
Aussi, grâce à votre compétence vous êtes capable de résoudre 10 unités de problèmes techniques dans la journée et 6 unités de problèmes commerciaux.
Admettons que vous posséder un associé ou un salarié docteur en informatique (amoureux de C++ et autres) qui a pour sa part la capacité à régler 14 unités de problèmes techniques mais n’a aucune notion de gestion (et puis d’ailleurs ça ne l’intéresse pas) et qui au mieux pourra résoudre 1 unité de problèmes commerciaux par jour.


Si chacun tire la couette de son côté et essaie de se débrouiller dans son coin et réparti égalitairement son temps de travail on arrivera au résultat suivant :


Vous

Le Docteur

Votre startup

Problèmes techniques résolus

5

7

12

Problèmes commerciaux résolus

3

0.5

3.5

Total 8 7.5 15.5


Maintenant si intelligemment vous décidez de déléguer la partie technique en tout confiance et consacrer la totalité de votre temps au problématique commerciale on arrivera à la situation suivante :


Vous

Le Docteur

Votre startup

Problèmes techniques résolus

0

14

14

Problèmes commerciaux résolus

6

0

6

Total 6 14 20


“Oui mais je n’ai pas de docteur en informatique dans ma startup me direz vous ? Je n’ai qu’un stagiaire capable de résoudre 9 unités de problèmes techniques et 4 unités de problèmes commerciaux c’est pour ça que je ne peux pas déléguer vous comprenez ?”

Stop! Vous avez avantage là aussi à vous spécialiser là où vous êtes comparativement le plus productif ! Voyez le résultat en l’absence de spécialisation:


Vous

Le stagiaire

Votre startup

Problèmes techniques résolus

5

4.5

9

Problèmes commerciaux résolus

3

2

5

Total 8 7 14


Alors que si vous vous spécialisez et acceptez de déléguer :


Vous

Le stagiaire

Votre startup

Problèmes techniques résolus

0

9

9

Problèmes commerciaux résolus

6

0

6

Total 6 9 15


Vous l’aurez compris : même si vous êtes le meilleur dans l’entreprise pour accomplir une tâche il n’est pas toujours rationnel que vous la fassiez vous si vous pouvez être plus productif ailleurs!

Voyons à présent le 2e champ d’application.


  • Sachez collaborer avec d’autres entreprises

Je ne referais pas de démonstration chiffrée car je pense que vous avez désormais bien compris le mécanisme mais on peut également faire la même démonstration pour la collaboration avec d’autres entreprises.

Votre entreprise a pour ambition de présenter une proposition de valeur à un client.

Cependant, il n’est pas nécessaire que la proposition de valeur soit entièrement réalisée en interne.
Il est important de savoir bien choisir les frontières de son entreprise à l’intérieur de son réseau de valeur afin de se concentrer sur vos “core compétences” : là où vous êtes le plus productif.
Il y a bien des choses qu’il sera plus rationnel de sous traiter ! Par exemple, si vous souhaitez vous lancer dans le e-commerce serait-il essentiel de créer votre propre solution de paiement en ligne?
Là réponse parait ici évidente, encore que… Mais sera t-il nécessaire de créer vous même votre site ? utiliserez vous une solution open source telle que Magento? ou opterez vous pour une solution clé en main propriétaire…

Si vous vous lancer dans l’aventure de entrepreneuriat il est important de comprendre que vous ne pourrez pas tout faire ou plutôt qu’il ne sera pas rationnel de tout faire!
Le choix du Make or Buy sera l’une des problématiques stratégiques que vous ne devrez pas négliger. En effet, c’est de ces choix que découleront votre degré de dépendance par rapport aux autres membres de votre réseau de valeur mais aussi votre capacité à capter une part substantielle de la valeur globale.


Conclusion

Pour conclure, mon conseil pourrait se résumer ainsi :


Entrepreneurs aussi plein de bonnes volontés et de talents que vous soyez vous ne pourrez pas tout faire, donc :
- sachez déléguer des tâches à vos collaborateurs
- sachez collaborer avec d’autres entreprises et pourquoi pas entre startup plutôt que vouloir chacun faire son projet dans votre coin unissez vos forces
Mais ne faites pas ce choix de laisser les autres le faire parce que vous n'avez pas le temps, ou que cela ne vous intéresse pas, faites le quand c’est le choix le plus rationnel !



Vous êtes vous même entrepreneur? Merci de laisser votre témoignage : est-ce dur pour vous de déléguer / sous traiter ?


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6 oct. 2009

Quel Business Model pour sauver la Presse ?



Je viens de visionner une vidéo (découpée en série) très apprenante sur le site du Figaro . Il s’agit d’un débat sur le thème : Quel nouveaux Business Model / modèles économique pour la Presse ?

Afin de vous faire gagner du temps et de faire ressortir les informations principales de ce débat entre : Bertrand Gié (Directeur délégué des Nouveaux Médias du Figaro), Laurent Mauriac (Directeur général de Rue89), Jean-Luc Marty (Rédacteur en chef de Géo Magazine) et Nicolas Boutet (Président de Wedia)

J'ai relevé les points essentiels de cet échange ci dessous puis je soulève les quelques enseignements qu'il me semble important de retenir.



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Quel nouveaux Business Model / modèles économique pour la Presse ?

M. Figaro : Revenu issus du Print baissent ces dernières années => tout en renforçant les « core compétences » (papier) on met en place une diversification de nos activités


M. Rue 89 : Métaphore du trapéziste : la presse traditionnelle quitte le 1e Trapèze qui ne permet plus de rentabiliser son activité mais qui n’a pas encore attrapé le 2e et donc se retrouve un peu en l’air
=> Rue 89 a attrapé directement le 2e Trapèze qu’est le numérique et le défi de mettre en place un modèle économique :

- on a réussi à un mettre en place un modèle journalistique basé sur le participatif et à fédérer une audience

- pour le modèle économique : On innove sur le format des publicités pour lutter contre la baisse des prix des espaces pub (leur concpet : Le Mur des petites annonces) ; Parallèlement on développe des activités complémentaires (formation, développement de sites Web)



M. Géo : Développer la complémentarité Web et Magazine :

- pour le Web on mise aussi sur le contributif notamment au niveau de la photo-communauté ; on développe le web reportage financé par du Mécénat

- pour le Papier gros on travaille sur le contenu (on pense qu'au niveau de la presse Magazine on est plus sur une crise de l’offre que de la demande) et on mise sur l’abonnement



M. Wedia : On n’est pas dans une crise de la demande car les gens consomment de plus en plus de l’information Il y a peut-être même trop d’offre ce qui rend difficile de faire remonter la qualité.
=> nécessité de faire la preuve de sa qualité ( marque?)

Cette multiplication des sources de contenus entraine une multiplication des espaces publicitaires dispersant ainsi les budgets publicitaires et réduisant la rentabilité

=>Nécessité de qualifier l’audience


L’animatrice évoque d’abord la possibilité d’un mix contenu gratuit contenu/payant (comme le fait Libération) appelé souvent modèle Freemium (Free + Premium).

L’un des Intervenant (M. Rue 89) met en évidence un piège à éviter :

« Souvent c’est quand on voit qu’on ne gagne pas sa vie avec le gratuit donc on veut faire du payant mais on ne se demande pas si l’internaute est prêt à payer ; or la gratuité est devenu la règle/norme sur Internet et il va être difficile de revenir en arrière»

Il ajoute une remarque intéressante : « avec Internet on est dans une logique de concurrence différente du papier ! Avec l’hypertexte on est plus dans une logique d’échange et on a intérêt à se renvoyer mutuellement du trafic (en se citant les un les autres) et dans ce contexte le modèle payant n’est pas la panacée »



M. Figaro : On fait tous le pari qu’en « créant du contenu de qualité on créera de l’audience et qu’un jour on arrivera à monétiser cette audience ». (n'est pas sans rappeler mon billet intitulé "quand réfléchir au business model de son service ?")

Avec les sites communautaires, les sites d’informations sont ceux qui ont le plus augmentés ; les sites de marques sont ceux dont l’audience à le plus augmenté : besoin de reconnaissance et crédibilité de l’information


Mais le souci c’est que l’offre est supérieure à la demande d’espaces publicitaires donc les prix ne remonteront pas, c’est structurel. Il faut trouver d’autres models et l’idée de faire payer l’internaute au final en est une !



Animatrice : Inversement d’autres comme Backchich viennent du web vers le papier… est-ce que le papier est l’avenir pour le web ?


M. Rue 89 « ; le papier est quelque chose de statique avec des bouclages etc.. le Web ont peut revenir dessus, c’est du flux, on peut intégrer du multimédia => la rédaction papier et la rédaction web sont 2 métiers différents »


M. Géo « à l’intérieur du papier on ne peut pas comparer un quotidien et mensuel… il faut réfléchir au sens ce qu’on fait : le rapport au temps de l’information n’est pas du tout le même » …

Au-delà de ça sur un magazine l’intérêt en termes de ressource publicitaire se sont les valeurs : on peut renouer avec l’annonceur au travers de valeurs communes entre l’éditeur et l’annonceur (ex : Danone nous intéresse plus que les pots de yoghourts)



M. Wedia :

Il peut y avoir une vrai complémentarité entre le Web et le papier : avec certes 2 équipes distinctes mais qui mutualise des ressources et le contenu.
Le papier crédibilise ?

M. Figaro :

C’est surtout la marque qui renforce la crédibilité, pas tant le support papier !

Métier différents même si le fond, la matière 1ere est le même. Il y a intérêt à tisser des passerelles entre les 2… les rédactions travaillent dans le même sens, sont au même étage…

=>L’herbe semble souvent plus verte dans le pré d’à côté : les journaux ont longtemps cru que le salut était dans le Web et maintenant des sites voient dans le papier une solution.


M. Rue 89

Il y a une vrai motivation pour faire un journalisme plus riche enrichi par le collaboratif ! Ce n’est pas le cas de tous les Journaux dont certains ne vont sur le Web car ils considèrent qu’ils ont un couteau dans le dos.

M. Figaro

Le web permet de donner à l’instant t l’information la plus pertinente y compris en envoyant sur le site de ceux qu’on considère habituellement comme des concurrents.


M. Wedia :

Pourquoi ne faites vous pas payé du contenu lorsqu’il est exclusif (exemple du décompte des voix lors de l’élection du PS) au moyen d’une plateforme de micro-paiement permettant de payer de façon « simple indolore » ?

Rue 89 :

On n’a pas cette plateforme à l’heure actuelle ! (n'est pas sans rappeler la récente annonce de Google : Google veut sauver la presse grâce au micropaiement)


Figaro : Certes il faut des outils, il faut aussi que l’internaute qui petit à petit s’habitue à du contenu payant, le mobile peut-être une façon de re-monétiser, de faire reprendre conscience de la valeur ! L’iphone est un exemple très vertueux dans le domaine…


Animatrice : Quelle vision de la presse dans 5-10 ans ?

M. Figaro


Pour nous le Figaro restera central car c’est lui qui porte la marque et tout ce qu’on fait en complémentarité se fait autour de cette marque. Élargissement de l’univers de la marque : web-serviciel , intermédiation, produits dérivés).

Rue 89

L’avenir est la co-production d’information avec l’internaute



M. Wedia :

Un avenir positif car la Presse possèdent 3 actifs mais qu’il faut travailler :


- Le contenu => il faut réussir à innover pour émerger parmi toutes les sources de contenu, faire du contenu de qualité, qualifié et contrôlé

- L’audience la marque => mieux connaitre son audience et mieux la ségementer

- La marque => l’exploiter pour la rentabiliser au travers de services produits/services complémentaires



M. Géo :

De nouvelle formes de contenus tant sur le Web que sur le papier , ex : « mixte entre fixion et reportage ? » =>un nouveau business model basé sur des nouveaux contenu

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CE QU'IL FAUT RETENIR

Cette vidéo fait donc bien ressortir les problématiques actuelles du secteur de la Presse (et d’autres secteurs d’ailleurs) :


  • PB1 : Prolifération du contenu (et particulièrement du contenu gratuit sur internet)

  • PB2 : Explosion du nombre des espaces publicitaires (et donc dispersion des budgets des annonceurs)

  • PB3 : Propension à payer des internautes très limitée (voire nullle)

Mais elle m’a surtout plu car pour une fois, on sent bien que la solution passe par un travail sur les différentes composante des Business Models ce qui signifie certes réfléchir :

  • sur de nouveaux modèles de revenus (l’une des 4 composantes d’un business model) : micropaiement ? Freemium?

… mais pas seulement ! Cela signifie aussi réfléchir aux autres composantes d’un Business Model, c'est-à-dire :



  • sur l’offre ou proposition de valeur

§ adressée à l’internaute : de nouveaux contenus, de nouveaux supports (tel...)

§ adressée au tiers payeur : Nouveaux formats publicitaires ? Mécénat ? Publicité de notoriété plus que publicité produit ?




  • sur le réseau de valeur : ceux qui étaient autrefois des concurrents peuvent être désormais des Complementors / partenaires ; il est nécessaire de se diversifier ….


  • Cela a un impact sur les compétences et capacités stratégiques nécessaires : il faut connaitre son audience, savoir la segmentée, développée l’interactivité avec les internautes…

En conclusion, on peut dire qu’il y a 2 moyens d’assurer la gratuité d’un produit pour un consommateur A :

  • Soit en lui offrant je parie sur le fait qu’il achètera un produit B complémentaire (ex : du rasoir et des lames ; de l’imprimante et des cartouches) : c’est l’idée du Freemium et même de la vente de produits dérivés
  • Soit en lui offrant ce produit je pense pouvoir créer de la valeur pour un Agent B qui lui subventionnera A . Dans ce cas les externalités de réseaux sont croisées et je raisonne en terme de marché biface (=> c’est le cas de la publicité) => dans ce cas je ne peut pas me pas contenter d’innover pour une seule des faces de mon marché en omettant les utilisateurs ou les payeurs dans ma réflexion stratégique…

Enfin, je constate que la Presse Française commence a avoir une Vision stratégique de plus en plus claire : avec un bon accompagnement et en évitant de se jeter trop rapidement dans les bras de Google elle a peut-être encore un avenir très prometteur ^^


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11 sept. 2009

La SNCF n'est pas en retard... sur Internet en tout cas !


Qui n'a jamais rêver de calculer un itinéraire  porte à porte via l'ensemble des moyens de transports disponibles en un clic?

Et bien la SNCF est "en train" de développer ce service baptisé "porte @ porte".
Voici leur proposition de valeur clairement affichée sur le site : lab.voyages-sncf

Saisissez vos adresses de départ ou d’arrivée, nous vous indiquons :

- la gare la plus proche,

- les connexions métro et bus avant ou après le train

- la durée totale de trajet de porte à porte…

Le service, proposé en version bêta, est disponible pour les agglomérations de Paris, Lille, Lyon et Rennes.



Concrètement l'interface est très proche de celle de voyages-sncf.com   pour le choix du lieu de départ et d'arrivé (et des dates et heures) :



 
Ensuite au lieu de vous proposer plusieurs billets, on vous propose plusieurs itinéraires :
 



Enfin, c'est pour l'itinéraire lui même on le conçoit que l'innovation est la plus forte comme l'explique Yahoo :
"l'élaboration des résultats fait appel à plusieurs bases de données qui intègrent les bases horaires du métro, de bus, du tramway et, bien évidemment, des trains. Les résultats sont affichés sur une cartographie fournie par Visual Earth, le service de Microsoft. Le service fonctionne pour le moment entre les villes Paris, Lille, Marseille, Rennes et Lyon. Il sera étendu à une vingtaine de villes d'ici la fin du mois de novembre 2009. La prochaine étape sera de proposer la commercialisation de titres de transport "multimodaux", c'est-à-dire valables sur l'intégralité du trajet, y compris dans les transports en commun."



Mais la SNCF ne se tire t'elle  pas une balle dans le pied en permettant d'accéder aux tarifs et même de réserver ses billets pour des moyens de transports concurrents?
Pas vraiment ! 
Voyages SNCF est une Société Anonyme qui ne propose plus seulement de vendre du train mais une prestation de service complète (l'avion, l'hôtel, la location de voiture...).
Dans ce contexte les autres moyens de transports viennent compléter "l'offre train" pour proposer un voyage d'un point A à un point B clé en main, "porte à porte" pour reprendre le terme de la SNCF .Cette démarche s'inscrit donc bien dans la démarche globale de la SNCF qui cherche à offrir une expérience utilisateur agréable.
Au niveau du modèle de revenu, on imagine bien que la SNCF prélèvera sa commission  sur chaque vente réalisée via ce service.
Alors une fois encore, après IDTGV, après avoir vu son site de réservation de billet élu meilleur site français de l'année la SNCF prouve encore qu'elle n'est pas en retard ... sur Internet en tout cas ! ^^




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4 sept. 2009

Radiohead des entrepreneurs modèles

Radiohead a tout compris à la stratégie! 

Je ne sais pas si c'est ma déformation professionnelle mais à chaque fois que je le lis un article sur eux, qui ne traite pas de leur musique à proprement parler, j'ai l'impression qu'ils se sont pleinement appropriés le concept de Business Model. 

1) Tout d'abord, ils imaginent des propositions de valeur nouvelles
Alors qu'habituellement les groupes travaillent longuement sur un album, sortent quelque temps avant un single un tiré de celui-ci pour préparer sa sortie Radiohead a décidé de casser cette "règle" en témoigne cette extrait du figaro :
Dans un entretien au magazine spécialisé américain The Believer, qu'il arrêterait de faire des albums.
À la place, Radiohead veut se concentrer sur la production de singles et maxis (chansons à l'unité) à télécharger.
«Aucun de nous ne veut recommencer ce cirque créatif qu'est un album. C'est devenu une véritable corvée», explique Thom Yorke. Il préfère privilégier des singles distribués uniquement en ligne, à l'instar de son dernier opus, Harry Patch (In Memory Of), et réfléchit à l'écriture de pièces symphonique. 

2) Radiohead rompt par la même avec la configuration classique du réseau de valeur musical
En effet, Radiohead se débarrassent d'un intermédiaire qui captent habituellement de la valeur : les maisons de disques! (mais aussi d'une partie des studios d'enregistrement puisque tout se passe en live)
Se faisant, le groupe récupèrent une partie importante de la valeur et peut se contenter d'un CA moindre.


3) Cela permet à Radiohead  d'innover également sur son modèle de revenu
Radiohead avait déjà défrayé la chronique en distribuant son dernier album en ligne et en laissant les internautes librement en fixer le prix. 

4) On assiste donc à une évolution des compétences stratégiques du groupes
Radiohead ne peut plus simplement se contenter d'être un bon groupe musical, ses membres doivent réussir à promouvoir leur musique, et pour le moment ils s'en tirent très bien non ^^

Mais ce n'est pas tout, le groupe sait également trancher quand aux demandes des fans. Alors que certains se plaignent de la qualité limitée des MP3 le guitariste a répondu :
"We had a few complaints that the MP3s of our last record weren't encoded at a high enough rate. Some even suggested we should have used FLACs, but if you even know what one of those is, and have strong opinions on them, you're already lost to the world of high fidelity and have probably spent far too much money on your speaker-stands."
Se faisant il applique la Loi de Pareto, aussi appelée loi des 80/20 qu veut que 80 % des effets est le produit de 20 % des causes 
Ici 80% des plaintes proviennent de 20% (ou moins) des fans et tenter de satisfaire tout le monde à tout prix
ne serait certainement pas rentable!

Qui a dit que les artistes étaient de doux rêveurs?




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6 mai 2009

Scoopéo ferme, pourquoi? 2/2

Je m'étais promis d'essayer de dégager quelques leçons de la fermeture de Scoopéo. Depuis, les créateurs du service ont été interviewés par Presse Citron qui m'a un peu coupé l'herbe sous le pied ^^. Les "vrais raisons sont de deux ordres" après lecture de l'interview :
- "même Digg arrrive à une stagnation de sa croissance, du fait de la dissémination des moyens d’information : il est bien plus facile et rapide de diffuser un scoop sur Twitter, et ce type de micro-blog prend le pas sur les Digg-like." - "[le chiffre d'affaire est exclusivement généré par des ] bannières Google Adsense qui rapportent environ 500 euros par mois, ce qui est insuffisant ne serait-ce que pour financer les serveurs dont la charge est très importante (les Digg-like, de par leur structure, sont très consommateurs de ressources)."


Pour reprendre une didactique stratégique ou le jargon Business Model nous pourrions dire que :

- d'une part la proposition de valeur des digg-like n'est plus forcément aussi attractive qu'à ses débuts en raison de l'apparition d'offres de substitution : twitter, facebook, friendfeed... =>Une leçon possible : il ne faut donc pas considérer sa proposition de valeur comme une donnée définitive mais il faut savoir la recomposer si nécessaire au fil du temps pour rester en adéquation avec les attentes des utilisateurs

- d'autre part scoopéo n'est pas parvenu à mettre en place un modèle de revenu lui assurant la rentabilité. => Une leçon possible : il est difficile de mettre en place un modèle de revenu adapté a posteriori... une réflexion sur le Business Model incluant notamment un vrai travail sur le modèle de revenu est nécessaire avant de lancer un service en ligne (et tout autre projet d'entreprise d'ailleurs).


Il est facile de faire ces remarques a posteriori et vécu de l'extérieur mais à l'époque il s'agissait d'agir vite pour mettre en place le premier Digg-like français, aussi rien d'étonnant que la priorité soit allé au développement! Mais la dernière leçon est la suivante : on peut t oujours apprendre d'un échec et il faut savoir passer à autre chose si un premier service n'est pas le succès escompté !

C'est ce que font les créateurs de Scoopéo qui ont su rebondir avec succès en lançant un nouveau produit : Akamusici. "Nous sommes très pris par le développement de notre nouveau service Akamusic, un site de découverte de nouveaux artistes, qui est un vrai succès et qui permet contrairement à Scoopeo de nous verser une rémunération. Nous sommes conscients du fait que tout n’a pas été fait pour soutenir Scoopeo mais nous devions nous focaliser sur d’autres tâches. Nous sommes toujours deux et nous ne pouvons pas tout faire. "

Bonne chance à eux donc !



24 avr. 2009

Le Business Model face à la gratuité

Les théories néoclassiques ont très tôt démontré qu’en présence d’une concurrence pure et parfaite (CPP), le prix des outputs des entreprises bénéficiant d’économies d’échelle s’égaliserait au coût marginal de production si elles se livraient à une concurrence par les prix.
Autrement dit, à long terme, le profit d’entreprises rencontrant de telles situations serait nul (Bertrand, 1883).

Or le développement d’Internet, s’il n’a pas amené les conditions de CPP a proprement parlé, a fortement renforcé la concurrence.

Internet a considérablement réduit l’asymétrie d’information autrefois défavorable aux consommateurs, inversant même la tendance à en croire certains auteurs (Hagel, 1997).
Pierre Desmet (2000) met lui l’accent sur un autre facteur par lequel Internet rapproche les conditions du marché à celle de la CPP : la duplication à faible coût. Il tient le raisonnement suivant : « La nature immatérielle de l’offre de produits numériques rend très faible le coût variable associé à la production d’une unité, celui-ci est même négligeable en regard des coûts fixes. Pour les biens d’information (journaux en ligne, télécommunication, logiciel) le coût marginal tend même vers zéro ».

Il parvient alors à cette conclusion : « la tarification au coût marginal indique que le prix de la dernière unité vendue soit égal au coût supplémentaire engendré par sa production. Une application de ce principe crée donc la tendance à la gratuité des produits numériques ».

Si toutes les entreprises présentes sur Internet ne rencontrent pas de situations aussi radicales nombre d’entrepreneurs ayant imaginé un service nouveau et se trouvant en monopole temporaire ont négligé ce risque et voient leurs profits fondrent à mesure qu’arrivent de nouveaux entrants.


Il est donc devenu indispensable de réfléchir à des mesures permettant de couvrir les coûts fixes et d’assurer l’équilibre économique de ces entreprises car les entreprises, ou plus exactement leurs dirigeants, n’ont aucun intérêt à fournir un service s’ils n’en dégagent pas de profit.


Deux solutions sont alors envisageables :
  • développer de nouveaux modèles de revenus, Desmet (2000) préconisant lui de développer les recettes indirectes,
  • ou éviter la concurrence par les prix, ce qui suppose d’offrir une proposition de valeur différente de la concurrence (Kim & Mauborgne, 2005).

Or, ces deux éléments (modèle de revenu et proposition de valeur) sont des composantes du concept plus large, de Business Model (BM).

En effet, selon la définition synthétique de Voelpel et Al. (2004) « The term business model can be defined as the particular business concept (or way of doing business) as reflected by the business’s core value proposition for customers ; its configurated value network(s) to provide that value, consisting of own strategic capabilities as well as other (e.g. outsourced/allianced) value networks and capabilities to continually sustain and reinvent itself to satisfy the multiple objectives of its various stakeholders ».


Voilà pourquoi il parait capital de maitriser le concept de Business Model pour qui souhaite entreprendre sur Internet... et voilà pourquoi je propose une formation notamment sur ce concept stratégique clé.




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